02 février 2023

Renforcer la sécurité en ligne des enfants

Facebook
Twitter
LinkedIn

 

L’internet fait désormais partie intégrante de notre vie quotidienne, et les enfants ne font pas exception. Avec l’utilisation croissante de la technologie, il est crucial de veiller à ce que les enfants soient protégés lorsqu’ils sont en ligne. Le web peut exposer les enfants à divers dangers, notamment les escroqueries, la cyberintimidation, l’exposition à des contenus inappropriés et les prédateurs en ligne.

 

Selon une enquête menée par la National Cyber Security Alliance, 59 % des parents déclarent que leurs enfants ont été confrontés à des contenus en ligne qu’ils jugeaient inappropriés. Cela souligne la nécessité d’une supervision et d’un contrôle parental sur les contenus auxquels les enfants sont exposés en ligne.

 

Il est essentiel de les éduquer sur les dangers auxquels ils peuvent être confrontés. Les parents et les enseignants doivent sensibiliser les enfants à la sécurité en ligne, notamment à l’importance de préserver la confidentialité des informations personnelles, d’éviter les pLes entreprises technologiques ont également un rôle à jouer dans la protection des enfants en ligne. Elles peuvent développer des algorithmes et des filtres capables d’identifier et de supprimer les contenus inappropriés et d’en restreindre l’accès. En outre, les entreprises peuvent également proposer des fonctions de contrôle parental qui permettent aux parents de surveiller et de contrôler l’activité en ligne de leurs enfants.

 

Aux États-Unis, et probablement dans la plupart des pays occidentaux où les enfants ont plus facilement accès au monde numérique, on observe depuis 2020 une augmentation du nombre de victimes de moins de 20 ans victimes de la cybercriminalité.

 

En 2019, l’augmentation des victimes appartenant à la génération Z était de 17,47 %, en 2020 elle était de 116,21 %.

 

 

LES RECOMMANDATIONS DE LA CNIL

 

Pour faire face au problème croissant de la sécurité en ligne des enfants, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a publié 8 recommandations afin de créer un environnement numérique plus respectueux de l’intérêt supérieur de l’enfant.

 

Recommandation 1 : Réglementer la capacité des enfants à agir en ligne

En fonction de leur niveau de développement et en tout état de cause avant l’âge de 15 ans, la CNIL estime qu’il serait raisonnable de considérer que les enfants ont l’âge légal pour conclure des contrats impliquant le traitement de leurs données pour des services en ligne, tels que l’adhésion à un réseau social ou à un site de jeux en ligne, si :

 

  • les services sont appropriés pour un public jeune
  • le traitement est entièrement conforme aux directives de protection des données du GDPR et de la loi française sur la protection des données.
  • une information claire détaille l’objectif et la portée de l’engagement pris
  • les parents disposent du droit légal de demander la suppression du compte de leur enfant.

 

Recommandation 2 : Encourager les enfants à exercer leurs droits

Selon le GDPR, les enfants doivent être informés de leurs droits d’une manière adaptée à leur âge et à leur niveau de développement. La logique veut qu’ils soient également en mesure de les exécuter, s’ils les ont saisis. Dans le même ordre d’idées, le GDPR offre aux mineurs la possibilité d’accepter des formes spécifiques de traitement des données personnelles. S’ils étaient ensuite dans l’incapacité d’exercer leurs droits à l’égard de ce traitement, par exemple pour des données qu’ils ont eux-mêmes soumises, ce serait incongru (par exemple, des photos sur Instagram, des vidéos sur TikTok).

 

Recommandation 3 : soutenir les parents en matière d’éducation numérique

De nombreuses études révèlent que, bien qu’ils attendent beaucoup d’aide du gouvernement, les parents ne comprennent pas pleinement les options qui leur sont accessibles pour protéger leurs enfants en ligne. Les parents s’inquiètent de la quantité et de l’âge d’utilisation des technologies numériques par leurs enfants, en particulier dans le contexte de l’épidémie qui a accru cette utilisation. Ils veulent des conseils pratiques pour aider leurs enfants à être responsables et socialement conscients.

 

Recommandation 4 : demander l’autorisation parentale pour les enfants de moins de 15 ans

En principe, l’article 45 de la loi française sur la protection des données explique que le consentement pour des fonctionnalités supplémentaires, comme décider si un profil de réseau social doit être public/privé ou activer la géolocalisation optionnelle sur une application, doit être basé sur un accord mutuel entre l’enfant et le(s) titulaire(s) des droits parentaux. En d’autres termes, l’enfant ne peut pas passer outre la résistance des parents à certaines formes de traitement et les parents ne peuvent pas aller à l’encontre des demandes de leur enfant pour de tels traitements.

 

Recommandation 5 : promouvoir un contrôle parental qui respecte la vie privée et l’intérêt supérieur de l’enfant

Certains contrôles parentaux demandent une quantité importante d’informations personnelles sur l’enfant, ce qui n’est pas toujours nécessaire ou peut sembler excessif (par exemple, un suivi continu). En outre, quelques éléments très intrusifs peuvent transformer le contrôle parental en une sorte de surveillance risquée :

 

  • Un manque de confiance entre les parents et les enfants
  • L’incapacité à donner du pouvoir à l’enfant
  • L’enfant s’habitue à être sous surveillance constante.

 

Par conséquent, toute suggestion de restriction parentale doit respecter les lois suivantes sur la protection des données en particulier :

 

  • le principe de proportionnalité, qui évite d’utiliser des éléments invasifs comme la surveillance permanente et tient compte des intérêts, de l’âge et du degré de maturité de l’enfant.
  • l’idée d’être transparent avec un jeune en exposant les restrictions parentales qui sont employées
  • l’idée de la sécurité des données pour les enfants, qui vise à empêcher d’autres parties d’accéder aux informations les concernant (comme leur géolocalisation).

 

Recommandation 6 : renforcer l’information et les droits des enfants par la conception

Les enfants doivent être informés de leurs droits et des finalités pour lesquelles leurs données seront utilisées, ce qui nécessite de parler leur langage de manière engageante. Pour éviter d’interférer avec l’expérience de l’utilisateur, cela peut impliquer, par exemple, d’utiliser des phrases concises, claires et simples et de ne fournir des informations que lorsqu’elles sont nécessaires pour prendre une décision. Il peut aussi s’agir d’utiliser des éléments interactifs tels que des icônes, des vidéos ou des images, ou d’intégrer les informations dans l’interface graphique du service concerné.

 

Recommandation 7 : Vérifier l’âge de l’enfant et le consentement parental tout en respectant la vie privée de l’enfant.

Selon une recherche comparative de la CNIL, les méthodes existantes ou envisagées pour déterminer l’âge sont souvent inadéquates à deux égards. Certaines apparaissent d’une compatibilité discutable avec les règles de protection des données car elles reposent sur la collecte massive de données personnelles (par exemple, la reconnaissance faciale). D’autres sont moins invasives mais inefficaces car les enfants peuvent les contourner trop facilement (par exemple, l’auto-déclaration ou la vérification des e-mails).

 

En ce qui concerne la vérification du consentement parental, il est important de garder à l’esprit qu’en général, le consentement doit provenir des deux parents, indépendamment de leur statut marital, de leur statut de partenariat civil, de leur statut de cohabitation ou de leur choix de vivre ensemble ou séparément.

 

La liberté d’utiliser internet de manière anonyme doit être maintenue, selon la CNIL, même si des méthodes de vérification de l’âge et de l’accord parental doivent être mises en place pour certaines applis et sites internet.

 

Recommandation 8 : Prévoir des garanties spécifiques pour protéger les intérêts de l’enfant

S’assurer que toutes les fonctionnalités supplémentaires qui ne font pas partie du service de base sont désactivées par défaut est un moyen de trouver une solution. Par exemple, l’ouverture d’un compte et l’utilisation du site web sont des services fondamentaux pour une plateforme de jeux en ligne, mais la géolocalisation peut être une fonctionnalité optionnelle (par exemple, si elle permet à l’enfant de s’identifier sur une carte géographique des joueurs).

 

Les enfants doivent être « protégés contre toute forme d’exploitation préjudiciable à tout aspect de leur bien-être en relation avec l’environnement numérique« , selon l’observation générale des Nations unies, « car en créant et en partageant des contenus, les enfants peuvent être des acteurs économiques dans l’environnement numérique, ce qui peut entraîner leur exploitation. » Par conséquent, l’ONU implore les États membres d’adopter toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder les enfants en ce qui concerne le monde numérique et les empêcher d’être transformés en marchandises.

 

      La protection des enfants en ligne nécessite une approche à multiples facettes. Les parents, les enseignants et les entreprises technologiques jouent tous un rôle essentiel pour garantir la sécurité des enfants lorsqu’ils sont en ligne. En éduquant les enfants sur la sécurité en ligne, en utilisant des fonctions de contrôle parental et en faisant confiance aux entreprises technologiques pour développer des filtres appropriés, nous pouvons améliorer la protection des enfants en ligne et leur donner une chance de s’épanouir.

 

Cliquer içi pour un article similaire

Articles similaires

12 février 2024
28 février 2024
22 février 2024